Contexte

Avec la loi NOTRe, les territoires départementaux et intercommunaux se trouvent ré-interrogés du point de vue de leur réalité économique et sociale, et de leurs bassins de vie; ces deux échelons territoriaux ayant contribué de longue date au maillage culturel du territoire national par le déploiement d’un service public de proximité. 

D’une part, les départements se sont concrètement investis depuis de nombreuses années dans le développement de la vie artistique et culturelle des territoires par le soutien à la création et à la diffusion, le financement d’équipements, d’outils et de dispositifs tels que les projets culturels de territoires, les schémas départementaux (enseignement artistique, lecture publique) ou encore les actions publiques intersectorielles (solidarités, environnement, ...). Dans le cadre de cette action globale, la participation des habitants, et notamment des plus jeunes, a été et demeure une préoccupation. 

D’autre part, les intercommunalités ont pris une place importante dans le champ culturel, notamment sur le plan de la gestion des équipements culturels, ce, depuis de nombreuses années déjà. Dans un contexte où la culture est devenue une compétence partagée, la montée en puissance des intercommunalités et les missions communes qu’elles développent désormais avec les départements amènent à réfléchir en terme de renouvellement des formes de coopérations territoriales notamment en matière d’éducation artistique et culturelle, d’enseignements artistiques, de lecture publique, ou encore de soutien aux arts vivants, à l’audiovisuel ou aux arts plastiques. 

En effet, si les leviers d’intervention traditionnels utilisés dans les politiques culturelles fonctionnent toujours, d’autres apparaissent ou sont encore à imaginer dans un contexte où les réalités territoriales sont devenues très hétérogènes : métropolisation, indices de ruralité forts, multipolarisation, recomposition de la carte intercommunale. 

Enfin, au-delà du contexte institutionnel, la société se trouve aujourd’hui bouleversée par de nombreuses mutations : écologiques, démographiques et interculturelles, numériques, économiques et sociales. De fait, ces mutations impactent déjà les politiques publiques et les pratiques culturelles des personnes. Il devient urgent de prendre la mesure de ces bouleversements, particulièrement dans le domaine culturel, afin d’en repérer les enjeux, les risques et dans certains cas les limites, et de cerner ainsi la possibilité voire la nécessité d’une intervention concertée des collectivités publiques sur les territoires par l’invention de cadre(s) de coopération adapté(s). 

Problématiques de recherche

    • Pourquoi coopérer ? Quelles sont les raisons qui expliquent l’engagement des départements et des intercommunalités dans un processus de coopération culturelle ?

 

    • Comment la coopération culturelle se manifeste-t-elle dans les territoires et en particulier dans les départements et les intercommunalités (quid des spécificités intercommunales / départementales) ? Assiste-t-on à une reconfiguration de la territorialisation de l'action culturelle (nouvelles modalités de coopération inter-sectorielle et inter-territoriale) et à l’émergence d'une nouvelle fabrique culturelle territoriale (nouvelles compétences, nouveaux acteurs, nouvelles méthodes...) ?

 

    • Quel sont les effets (positifs comme négatifs) de la coopération culturelle sur l’action culturelle et les territoires ? Quid de l’identification de facteurs propices et/ou de freins aux dynamiques coopératives ?

 

    • Quels enjeux et recommandations en termes d’action et de politique culturelle (outils, méthodes, gouvernance, compétences et postures des élus et professionnels de la culture…) ?

Présentation de la démarche scientifique

Objectifs 

  • Dresser une typologie des modes de coopération entre ces deux collectivités publiques
  • Compiler les travaux existants, donner accès à une synthèse appropriable par le plus grand nombre 
  • Réaliser un panorama de la situation globale de l’état de la coopération entre départements et intercommunalités en matière de politique culturelle 

Etat de l’art

Réalisation de l’état de l’art des connaissances relatives aux coopérations culturelles départementales et intercommunales, soit tous documents publiés par ou sur les démarches départementales de coopération avec les intercommunalités et dans le temps.

Méthodologie

Enquête nationale : Phase quantitative 

Réalisation d’un état des lieux des coopérations départements / intercommunalités en matière de politiques culturelles par le moyen d’une enquête quantitative :

      • Co-élaboration de 2 questionnaires composés d’environ 70 questions, dont une majorité de questions fermées afin de favoriser un traitement rapide, et une structuration en 4 parties : portrait du département / de l’intercommunalité, cadre des coopérations, cadre des transformations, besoins et recommandations;
      • Les questionnaires ont été co-élaborés sous le pilotage du LUCAS avec l’accompagnement scientifique d’Emmanuel Négrier et Aurélien Djakouane, et l’appui du DEPS du Ministère de la culture, du réseau Archipel (groupe de techniciens de collectivités territoriales  et agences culturelles spécialistes de l’accompagnement des coopérations intercommunales), des adhérents de la FAVD et des partenaires ADF, ADCF, DGCA et secrétariat général.

Stratégie de diffusion de l’enquête 

Diffusion nationale du questionnaire en appui des associations nationales d’élu.e.s,  Assemblée des départements de France et Assemblée des communautés de France, Fédération nationale des Collectivités pour la culture…), et de professionnels (Culture et départements, association des bibliothèques de France) : 

Calendrier de diffusion du questionnaire :

      • Du 28 novembre 2019 au 21 janvier 2020 pour les départements 
      • Du 3 décembre 2019 au 10 janvier 2020 pour les intercommunalités
      • Plusieurs séquences de relance opérées par les associations d’élu.e.s partenaires et la FAVD, avant et après les vacances de Noël 2019
      • Traitement et analyses : 1er trimestre 2020

Enquête nationale : Phase qualitative 

Le Lucas choisi d’enrichir la phase quantitative (questionnaire) par une approche qualitative visant à saisir les enjeux de la coopération au contact des 9 territoires initialement candidats à l’accueil des OpenLabs : 

  • Calvados, 
  • Finistère, 
  • Haut-Rhin, 
  • Haute-Loire, 
  • Loire Atlantique, 
  • Maine et Loire, 
  • Meuse, 
  • Nièvre, 
  • Val d’Oise.

En complément de ces territoires  « candidats » 2 territoires ont été ajoutés à cette liste sur proposition du LUCAS compte tenu de leur statut particulièrement inspirant dans le champ de la coopération culturelle territoriale : La Mayenne & l’Ardèche. 

Méthodologie employée pour la phase qualitative :

  • Elaboration de grilles d’entretiens adaptées aux profils des enquêtés (élus, techniciens, acteurs culturels)
  • Rencontres/ interviews des acteurs-clés de la coopérations sur les territoires : élus/ agents publics/ acteurs culturels - hors champ culturel
  • Conduite de 4 à 8 entretiens en présence sur chaque territoire en moyenne + compléments par entretiens téléphoniques.

Objectifs atteints  fin 2019 pour cette phase qualitative : 

  • 60 entretiens qualitatifs environ, soit 90h d’entretiens,
  • 16 journées de déplacement,
  • Acteurs interviewés, individuellement ou en binôme :
    • 13 agents de collectivités, 
    • 20 directeurs et directrices de services culturels, 
    • 20 élus et élues, 
    • 10 professionnels de la culture.
    • 3/5 des acteurs interrogés représentent des intercommunalités.

L’association de ces 2 démarches quantitatives et qualitatives permettra de produire des études de cas détaillées disponibles d’ici la fin du 1er trimestre. 

Résultats de l’enquête

Livraison d’un pré-rapport à venir : été 2020

Livraison du rapport définitif : 1er trimestre 2021